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La figure du héros

5 avr. 2024
3 min de lecture

Toute histoire digne de ce nom raconte les aventures d’un héros. Héros positifs, héros malgré eux, héros infatigables, héros qui s’ignorent, héros sans peur et sans reproche. Et même antihéros.


Mais que signifie être un héros ?


La mythologie grecque nous enseigne que, dans un univers composé des dieux de l’Olympe d’un côté et des hommes ordinaires de l’autre, il existe une catégorie intermédiaire d’êtres que nous appelons les héros.


Ce sont des individus aux capacités exceptionnelles, mais mortels. Ils n’ont pas atteint le rang de divinités et, pour bénéficier de la faveur des dieux, doivent encore s’élever en accomplissant des exploits épiques.


Le terme héros trouve sa racine dans le nom de la déesse Héra, épouse de Zeus et souveraine de l’Olympe. Héra représente la déesse mère, la terre mère, en tant que descendante directe de Gaïa. Le héros est en effet un individu qui accomplit des actions admirables au nom et pour la défense de la mère de toutes les déesses.


Le héros par excellence est Hercule, ou Héraclès, né d’une infidélité de Zeus — une parmi tant d’autres — avec Alcmène, épouse d’Amphitryon, roi de Thèbes.



La légende veut qu’Héra, trouvant par hasard le petit Hercule encore emmailloté et abandonné dans un champ, ait été prise de compassion et ait décidé de l’allaiter. Mais une morsure du nourrisson au sein de la déesse des déesses provoqua son rejet immédiat ; du lait qui en jaillit naquit la Voie lactée.


Lorsqu’Héra apprit les véritables origines du nourrisson, elle le punit en le condamnant aux fameux douze travaux, nécessaires à son admission dans l’Olympe. Que ce soit grâce à sa filiation avec Zeus ou au lait d’Héra, l’enfant était destiné à posséder une force surhumaine dès son plus jeune âge.

Le nom Héraclès signifie précisément « gloire d’Héra ».


Les douze travaux représentent le parcours que le héros doit accomplir pour améliorer sa condition, dans un processus d’évolution et de perfectionnement continu.


C’est pourquoi, en matière de narration, au théâtre comme au cinéma, on parle souvent du voyage du héros pour désigner le parcours du protagoniste.


La référence au mythe s’impose. Comme l’indiquait Jung, si le rêve est le mythe individuel, les mythes représentent les rêves collectifs de l’humanité.



Le thème du voyage


Hercule lui-même participera à l’expédition des Argonautes, un voyage extraordinaire réunissant les plus grands héros de l’Antiquité : de Jason à Thésée, d’Orphée à Pollux.

En somme, une sorte d’Avengers avant l’heure.


L’archétype du voyage constitue le point commun de bien d’autres mythes antiques, comme l’Odyssée et l’Énéide.


Le voyage du héros apparaît ainsi comme le paradigme de ce que Goethe appelait le roman de formation. Le héros traverse une série d’étapes faites de conflits, de douleurs et de souffrances qui lui permettent d’atteindre une certaine maturité.




Quelles sont les caractéristiques du voyage du héros ?


Selon Christopher Vogler, le voyage comporte douze étapes réparties en trois actes. Vous pouvez en lire le détail en suivant ce lien :https://scritturariparativa.it/il-viaggio-delleroe-gli-archetipi-e-le-fasi-del-viaggio/


Les ressorts émotionnels entre le héros dramatique et le public peuvent se résumer à cinq points essentiels :


1) Avoir des conflits

Qu’est-ce qui s’oppose au parcours du protagoniste ? Qu’est-ce qui l’empêche d’atteindre son but ? Pour Roméo et Juliette, c’est l’appartenance à deux familles ennemies. Souvent, le héros s’arrête, se décourage. Chaque héros a un conflit à résoudre.

Le conflit est aussi important dans le texte dramatique que dans le texte comique. Les sketches exacerbent des situations conflictuelles qui se dénouent de façon inattendue et provoquent le rire.


2) Avoir des faiblesses

La faiblesse d’Hamlet était sa philosophie même. Le défaut rend le personnage humain et crédible. Othello est terriblement actuel parce qu’il est jaloux.


3) Avoir un objectif

La motivation du protagoniste est le moteur de ses actions. Dans Le Marchand de Venise, Shylock veut seulement avoir les mêmes droits que ses concitoyens et ne pas être discriminé parce qu’il est juif.


4) Avoir une histoire

Le journal télévisé annonce un tremblement de terre à Sumatra : plus de 300 morts. Puis Studio Aperto raconte l’histoire d’une petite chienne errante, restée des années dans un refuge avant d’être enfin adoptée par une famille. La famille part en vacances au bord d’un lac ; le petit garçon est sur le point de se noyer. Seule la chienne s’en aperçoit et le sauve, mais elle meurt aussitôt après, d’épuisement. Et les larmes coulent. Pourquoi ? Parce que, contrairement à ces 300 malheureux, cette chienne possède, dans notre récit, une histoire qui la rend unique.


5) Avoir un antagoniste

Il prend parfois la forme d’une Némésis. Tout protagoniste de film d’action digne de ce nom a un adversaire à sa mesure : Luke contre Dark Vador, Neo contre l’agent Smith.

L’antagoniste doit être aux antipodes de notre héros. Il est tout ce que le héros n’est pas.


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